Les mots des poètes - le remix des élèves

Écrit par jbm on . Publié dans Créations

Le mois dernier Le Printemps des poètes a été l’occasion pour des élèves de secondes de se livrer à une petite expérience. Il s’agissait à partir de tout un choix de textes poétiques de divers auteurs des XXe et XXIe siècle de s’approprier les mots des poètes et de les redisposer, remixer et réutiliser librement.

Ce n’est plus de la création originale ? En effet.

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Cependant, cela a conduit les élèves à une petite réflexion sur le matériau des poètes : la langue dont ils se sont servi avec talent et originalité dans leur création n’est-elle pas la même langue que celle dont nous disposons tous ? Qu’ont fait les poètes sinon puiser avec talent dans le vaste réservoir commun ? Dès lors, pourquoi s’interdire de leur emprunter à notre tour des mots et des phrases en le considérant comme un réservoir de matériaux poétiques disponibles ?

Quelques exemples ci-dessous de textes de lycéens, dans lesquels vous aurez peut-être du mal à retrouver les emprunts…

 

 

 

D’abord il y a l’univers

Tour d’échec

Temps d’arrêt

Destin et chaos

le feu sur la terre.

 

Un mot que rien n’efface

Preuve ou rêve

Nous sommes si nombreux à nous penser uniques

(A.P.)

*     *    *     *

 

Je trouverai un bateau

Pour aller à Santos

À travers la mer

Je verrai toute la planète

 

J’attends au bord du monde

En regardant l’horizon

Jusqu’où j’aimerais aller

Allongée

Sur le vide

 

(H.B.)

*     *    *     *

J’ai donné mon nom à la solitude

J’ai laissé sur le sol mes armes

Je l’aisse l’espoir à la mer

Je m’alimente d’un feu de pierres

Car il faut persister

Le monde est clair

 

(L.A.)

 

*     *    *     *

 

On est un corps avec des mots

On ramasse des miettes

Pour tout c’qu’on n’a pas eu

Pour nos rêves perdus.

 

On a tous la haine !

Sentir la rage dans nos veines.

 

(K.)

 

*     *    *     *

On est des mots de corps

au travers des lumières

courroie de transmission

je rebondis à l’infini

 

Larmes d’yeux irisés qui crèvent

leur écoulement qui se fige en statues

Merci à la lenteur

(J.P)

 

*     *    *     *

 

Rien encore, tout déjà.

 

Je laisse l’espoir à la mer

Je donne raison au secret

 

Les longues et moroses nuits

ressemblent à une chambre boisée

 

Mais de l’espoir, qu’attendre ?

la rose, elle,

est l’espoir de la tige

 

(G.L.)

 

*     *    *     *

 

Je suis perdu

Je sais que je t’aime

Des lèvres absentes

aux patiences de tunnels

j’ai mon âme accoutumée

 

Un déferlement de messages factices

Mille kilomètres

de battements de cœur

je ne sais plus si je vis

Un saut dans le vide

de lumière noire

 

(A.B)